Antoine van Dyck, 1599-1641, Belge

Triple portrait de Charles Ier (1635 ou 1636)

 

Antoine van Dyck était un peintre et graveur baroque, connu pour ses portraits de cour.

 

Né à Anvers, Van Dyck montrait un talent précoce et a commencé à peindre dès l’âge de dix ans, auprès de Hendrick van Balen. Six ans plus tard, il a monté son propre atelier aux côtés de son ami Jan Brueghel et, en 1618, il a rejoint la guilde de Saint-Luc et est devenu le principal assistant et disciple de Pierre Paul Rubens.

 

C’est durant un premier séjour en Angleterre qu’il a étudié les compositions du Titien rassemblées dans la collection privée du comte d’Arundel et qu’il a ajouté à sa palette la subtilité du maître. Cela lui a inspiré un séjour de six ans en Italie, où il s’établit comme portraitiste. Il a travaillé sur des œuvres de commande, s’attachant à représenter des familles nobles de plain-pied, dans la tradition de Véronèse. Rentré en Flandres, il établit de bons contacts avec les milieux aristocratiques et a réalisé des portraits (notamment celui, en grandeur nature, de vingt-quatre conseillers municipaux de Bruxelles), mais également des retables et des gravures.

 

Considéré comme un genre mineur par rapport à la peinture d’histoire et religieuse, le portrait a connu au XVIIe siècle un souffle nouveau. En effet, dans une société dirigée par des laïcs, ces derniers aimaient à se faire représenter dans de riches atours afin d’affirmer leur position sociale et leur nouvelle autorité.

 

Repéré par Charles Ier, grand collectionneur d’art, il fut appelé en Angleterre et devint peintre officiel de cour en 1632. Une maison lui fut offerte à Blackfriars, dans les environs de Londres, et il reçut, en plus des émoluments de ses commandes, une pension royale qui lui permettait de vivre confortablement. Ce fut dans cet atelier qu’il réalisa les portraits de Charles Ier et de son épouse, Henriette Marie de France, de leurs enfants et des nombreux personnages de la cour du roi. Il a épousé au bout de quelques années Marie Ruthven, qui est alors devenue dame de compagnie de la reine, probablement sur l’ordre du souverain, qui désirait conserver Van Dyck à sa cour. Il a réalisé environ quarante portraits du roi et une trentaine de portraits de la reine. Les plus connus sont Charles Ier à la chasse et le Triple portrait de Charles Ier (1636), qui représente le roi de face et sous ses deux profils. Selon l’histoire, cette étrange peinture aurait été envoyée à un sculpteur italien afin qu’il s’en inspirât dans la réalisation d’un buste à l’effigie du monarque.

 

Dans ses représentations de l’aristocratie britannique, son style confère à ses modèles un mélange d’autorité et de décontraction qui devait influencer l’art du portrait en Angleterre pendant plus d’un siècle. Entre 1632 et 1641, son atelier a produit le nombre impressionnant de 400 commandes, dont certaines furent réalisées par ses disciples et auxquelles il n’apportait que la touche finale.

 

Il mourut en 1641, après être tombé malade lors d’un voyage en France, et fut inhumé dans la cathédrale Saint-Paul de Londres, où le roi fit ériger un monument à sa mémoire.